Le réseau d’entraide et les rencontres font beaucoup en voyage… c’est ainsi que nous avons obtenu notre plan Job (Merci Hélène et Clément – rencontrés en Nouvelle Zélande et avec qui nous sommes restés en contact). Après une prise de contact par mail et un RDV fixé au lundi matin suivant avec l’agence d’intérim (Madec), nous quittons les Grampians direction Renmark… une petite bourgade perdue où se trouve la Madec. C’est en passant par cette dernière que nous allons aller travailler chez Sundrop : une ferme de tomate High Tech ! Nous pensions simplement avoir un RDV pour signer un contrat et aller ensuite à Port Augusta où se trouve la ferme… nous nous retrouvons en fait à 30 backpackers dans une salle pour 4h d’induction (présentation de la société) et le remplissage d’un dossier d’environ 200 pages (ça ne blague pas ici).

Une fois cette étape réglée, nous devons attendre d’être appelé par la Madec pour aller travailler. Une dernière formalité à régler : passer un test de dépistage de drogues et d’alcool dans la ville de Port Augusta. Nous prenons RDV pour la fin de semaine, le temps de nous rendre à Adélaïde entre temps.

Une fois sur Port Augusta et en attendant l’appel de la Madec, nous trouvons un free camp de rêve au bord de rivière : le Chinaman Creek. Au bout d’une gravel road (route non bitumée), ce dernier est bien situé pour les amateurs de pêche. Palourdes et crabe bleu au menu tous les soirs ! Nous nous y installons avec 6 autres français (4 personnes rencontrées à l’induction & Rey, notre ami de Brisbane et sa copine).

Sur le free-camp se trouve plusieurs « cabanes ». Le propriétaire de l’une d’elle nous propose même de nous installer sous le auvent de la sienne afin de nous abriter du vent et du soleil… Royal : il nous a mis à disposition de l’eau potable + de l’eau pour faire nos vaisselles. Il est venu nous apporter 2 cages de pêche aux crabes, nous a ramener le lendemain des appâts (pattes de poulets) pour attraper plus de crabes et tous les jours, il ramenait des bières fraîches pour tout le monde ! La solidarité à l’australienne !!!

Le site de Sundrop n’est pas une ferme comme les autres. En effet, le défi est de faire pousser des tomates dans un lieu où rien ne pousse. Le concept est d’utiliser l’eau de mer et le soleil pour être autosuffisant en énergie. Au moment où nous allons travailler, le site comprend quatre serres : deux en activité qui produisent des tomates et deux qui viennent d’être stoppées et qui doivent être nettoyées et replantées. Nous arrivons dans l’une d’elle.

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Nous commençons le travail le mercredi 7 Mars. La matinée est destinée à la présentation de la société et des règles de sécurité et ensuite c’est parti ! Au programme : ramassage des tomates pourries… Debout, accroupie toute la journée, les courbatures arrivent vite (oui ça se sent que nous n’avons pas travaillé depuis longtemps). Les missions vont s’enchaîner mais pas forcément plus passionnantes (balais, karcher, pose de sac d’engrais…). Comme Julien le dit si bien « il faut laisser son cerveau à l’entrée » car nous remarquons très vite que le management et la logistique ne sont pas le fort de cette entreprise. Nous constatons aussi un management à deux vitesses. Le différence de considération entre travailleurs « backpackers » et travailleurs australiens est flagrante. Les australiens ne sont pas stressés dans leur travail… et les 3 superviseurs de notre serre sont payés à nous regarder travailler ou rigoler entre eux… Dur de recevoir des ordres d’un petit jeune de 19 ans, casquette à l’envers ne faisant rien de sa journée à part nous regarder trimer dans la chaleur (mais c’est le jeu). Surtout quand il n’y a aucune logique dans l’enchaînement du processus…

Nous avons mis 15 jours à nettoyer la serre pour la relancer et avons été félicités pour notre rapidité. De notre point de vue : une meilleure organisation et un meilleur management auraient permis de faire ce travail en moins d’une semaine… Mais voyons le côté positif : plus de temps de travail donc plus d’argent !

Nous terminons le travail le 2 avril. En raison des technologies et processus utilisés, nous ne pourrons pas vous faire partager l’intérieur des serres en photo car nous avons signés un accord de non-diffusion d’images. Les portables sont d’ailleurs interdits dans les serres.

Bilan : cette expérience nous aura permis de voir le travail dans les fermes même si les conditions ici sont bien meilleures que dans les fermes traditionnelles (pas en plein soleil, fontaine d’eau fraîche à disposition toute la journée, salle de repos avec café, thé, chocolat gratuits…). Elle nous aura aussi permis de nous rappeler pourquoi nous avons fait des études. Et pour finir, nous avons pu voir l’organisation du travail chez Sundrop (qui peut se définir par : une organisation chaotique des tâches qui reste à améliorer…).

En dehors du travail – Port Augusta n’est pas la ville la plus agréable pour une escale. Il n’y a rien à faire et nous avons même surnommé la ville « zombieland » en raison des gens (majoritairement les aborigènes) qui errent et mendient. On constate réellement pour la première fois les ravages de la drogue sur la population locale.

Pour un bol d’air entre deux tomates, nous profitons d’un dimanche de libre pour nous rendre à Whyalla (à 70km environ au Nord de Port Augusta) où il est possible de voir des dauphins et de se baigner avec du sable et non de la vase comme à Port Augusta. Sur la route du retour, nous faisons un arrêt pour une activité inattendue : « grattage de tête » sur de jolis perroquets gris et rose dans un parc.

On ne va pas se mentir : nous allions travailler pour les sous, nous en avons eu : environ $3000 chacun pour 20 jours de travail. De quoi repartir pour de nouvelles aventures direction le Red Centre …

 

On parle de Sundrop dans la presse :
– “Une ferme géante a été inaugurée en plein désert australien” Science et Vie (05/01/2017)
“Dans les serres du futur, des tomates nourries à l’eau de mer” Huffingtonpost (23/02/2017)
“Sundrop : la ferme du futur fait pousser ses tomates à l’eau de mer” – Les Echos (25/02/17)
“Sundrop, la ferme de tomates en plein désert” – vidéo Paris Match (18/07/2017)

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