Si tu aimes mordre la poussière, les 4×4 dans la rivière et se rafraîchir dans les cascades. Tu es au bon endroit !

Cette route est une ancienne route de bétail qui s’étend sur près de 660 kilomètres à travers la région du Kimberley entre les villes de Derby et la jonction Kununurra et Wyndham. Elle est fermée la moitié de l’année en raison des inondations pendant la saison des pluies (wet season), généralement de novembre à mars… Heureusement nous sommes en saison sèche (dry season). Avant d’attaquer cette mythique gravel road nous effectuons un passage par Derby afin d’aller voir la fameuse « boab prison tree». La ville ne présente pas d’intérêt en soit à part cet arbre assez impressionnant !

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Nous attaquons la route en partant de la ville Fitzroy Crossing. Nous passons ainsi la nuit dans le free camp de Froth Dingo Boab Point : le décor est superbe avec le coucher de soleil derrière les boabs…

Le lendemain, direction une randonnée un peu particulière ! Tunnel Creek est un exemple des randonnées improbables que nous pouvons faire ici ! Cette marche est un peu inhabituelle : il s’agit de suivre un ruisseau dans un tunnel de 750m…. qui dit tunnel dit être dans le noir bien sûr ! Par moment, nous avons de l’eau fraîche jusqu’aux genoux (de quoi faire oublier les 30° à l’extérieur). Il faut donc se doter d’une bonne lampe et chercher les petits yeux rouges des habitants de cette « grotte »… les fameux crocodiles d’eau douce (freshwater crocodiles) ! Point positif : ils se moquent totalement de votre passage. On peut aussi observer quelques minis chauves-souris et des sortes de grosses crevettes.

Pour la petite histoire…
A Tunnel Creek se cachait naguère un chef aborigène connu sous le nom de Jandamarra… À partir de l’âge de 11 ans, Jandamarra travaillait pour les colons en tant qu’esclave puis en tant que pisteur dans la police… Au cours d’une patrouille dans les rangs des colons, Jandamarra a aidé à capturer un groupe important de son propre peuple, hommes et femmes. Un policier, Richardson, lui a demandé de tuer ces prisonniers. La loyauté de Jandamarra s’est montrée plus forte et il a abattu Richardson, volé un certain nombre de fusils et a libéré les prisonniers…
Pendant trois ans, Jandamarra mena une guerre de guérilla contre la police et les colons européens pour défendre ses terres et son peuple. Ses tactiques de coup et exécution et ses tours de fuite sont devenus presque mythiques. Lors d’un incident célèbre, une patrouille de police l’a suivi jusqu’à sa cachette à l’entrée de Tunnel Creek. La guerre de Jandamarra a été de courte durée et a pris fin lorsque la police a recruté Micki, un remarquable traqueur aborigène. Micki a traqué Jandamarra et l’a abattu à Tunnel Creek le 1er avril 1897.

Après cette marche d’environ 1h30, direction Windjana Gorge et une pause déjeuner plus tard, nous sommes prêt pour une rencontre tant attendue : voir de près les crocodiles d’eau douce. Il s’agit du meilleur endroit pour les voir en liberté.
Les crocodiles sont au RDV dès le début de la randonnée. Nous avons décidé de faire la randonnée de 7km (aller-retour) autour de Windjana Gorge mais en toute honnêteté… cette marche ne sert à rien ! Aucune vue sur la rivière et les crocodiles.

L’heure d’attaquer la mythique et dangereuse piste de la Gibb River Road est arrivée ! Cette route est exclusivement réservée au 4×4. Impossible de la parcourir en van ou voiture classique. Et pour causes, l’état de la piste et les franchissement de rivières même en “période sèche”. Une nuit dans le free camp au pied de la Lennard River et c’est partie direction Bell Gorge… et le premier franchissement de rivière !
Bell Gorge a la réputation d’être la plus belle et la plus pittoresque gorge sur la route de Gibb River. Il s’agit aussi de la plus éloignée de la route principale (35km de piste au Nord Ouest de la Gibb River Road). Une courte marche amène le long du ruisseau de Bell Creek et c’est là que la tâche se complique…. Il faut traverser le ruisseau sur des rochers glissants pour atteindre l’autre rive. La vue en vaut clairement la peine ! Nous pouvons ainsi admirer du haut la chute d’eau d’environ 50 mètres qui atterrit dans un bassin profond. Nous attaquons ensuite la descente par les marches formées par la roche (sandstone = faite de pierres et de sable) pour atteindre le pied de la cascade.
Nous déjeunons face à la cascade et vient l’heure de la baignade ! Côté température… il faut bien le dire : c’est froid ! Mais la chaleur extérieure fait qu’au bout d’un moment, tout le monde se jette à l’eau ! Petite anecdote : nagez jusqu’à la partie droite de la cascade et mettez la main au niveau de l’eau qui ruisselle contre la paroi… l’eau y est chaude ! Pour les plus casse-cou : il est possible d’escalader les rochers et de sauter de quelques mètres de haut.
Le retour de ce lieu idyllique est un peu moins fun pour Julien qui a laissé une cheville sur le parking. En effet, l’habitude de sauter du haut du 4×4 (environ 2m) après avoir sanglé le bidon d’essence (énième pause « plein d’essence ») peut s’avérer dangereux dans ce paysage plein de cailloux et de rochers dissimulés dans la broussaille et la poussière… Rien de casser heureusement (pour rappel : aucun réseau téléphonique sur cette route) ! Eglantine se transforme donc en infirmière « masseuse » … très bonne idée l’achat du baume du tigre à Singapour !

L’étape suivante le lendemain est Galvans Gorge : une gorge en forme de fer à cheval. Il s’agit de la gorge la plus accessible de la Gibb. En effet, depuis le parking, une courte promenade de 15 min nous conduit à un petit coin de paradis. Un trou d’eau entouré de verdure… L’occasion d’un petit saut dans l’eau pour aller se poser sous la cascade et observer les boabs qui poussent sur l’escarpement…
Face à la cascade, regardez sur la droite et vous apercevrez une corde permettant de se balancer et se jeter dans l’eau…

Notre autonomie en essence est d’environ 400 km avec deux bidons d’essence (réservoir 30L d’essence + 2 bidons de 20L)… et comme on ne trouve pas de GPL dans le coin…. C’est l’heure de la douloureuse : la facture du plein d’essence au Mt Bartnett Roadhouse ($157….voilà voilà) ! Pas besoin de préciser que perdu au milieu de nulle part, les prix du shop s’enflamment… Comptez $15 pour 10L d’eau ($5 max en temps normal) ou encore $7 pour deux rouleaux d’essuie-tout ($1.70 en temps normal).

Direction le free camp pour laisser la cheville de Julien se reposer encore un peu…

Le lendemain, nous repassons par la Mount Barnett Roadhouse pour accéder à Manning Gorge. Ne faites pas comme nous : acquittez-vous des $8/personne de permis pour l’accès au lieu (non, le pass western australia n’est pas valable ici contrairement à ce que nous pensions…). Nous sommes ici dans un Conservation Park et non un National Park : le premier est géré par les communautés aborigènes tandis que le second est géré par l’état.
La randonnée de Manning Gorge part du camping de Mt Barnett et commence par une traversée de rivière. N’ayant pas vu la barque de l’autre côté de l’eau… nous décidons de faire un crochet de 30 min pour rejoindre l’autre côté. Le « chemin » présente un petit côté “jungle”. On suit les traces des précédents randonneurs grâce aux hautes herbes écrasées pour trouver notre chemin. Aucun balisage. Insolite : nous nous retrouvons face à un bœuf qui a tranquillement traversé la rivière pour aller brouter des arbres de l’autre côté.
Après avoir traversé sur des rochers dans le lit de la rivière, nous voilà sur l’autre rive. Nous attaquons le sentier pédestre d’environ 3 km sous un soleil matinal brûlant pour atteindre la spectaculaire cascade et le bassin de l’Upper Manning Gorge. Une fois arrivés, c’est l’heure du déjeuner et nous nous installons tranquillement sur les rochers pour déguster notre gastronomie du jour : wraps maison à l’émincé de thon sur son lit de concombre et d’œufs durs ! (Bon ok…c’est le quotidien des voyageurs ici car le thon n’est pas cher). Pendant ce temps, un varan d’environ 60 cm est installé sur le rocher voisin, à quelques mètres de nous, alternant entre bronzette et baignade…
L’heure de notre baignade a sonné ! Julien se jette facilement à l’eau mais c’est un peu plus compliqué pour Eglantine car l’eau est comment dire… rafraîchissante ! Et c’est l’instant insolite : des Australiens viennent voir Julien pour lui demander s’il a les images du crocodile qui nageait derrière Eglantine pendant qu’elle barbotait près de la cascade et qu’il la filmait avec le drone…. Nager avec un crocodile : check ! Nous n’avons malheureusement pas de vidéo de cet instant. Mais nous avons tout de même retrouvé le crocodile et avons pris un cliché de celui près des roches.

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Aussitôt, les australiens n’hésitent pas à mettre les pieds dans l’eau jusqu’aux genoux pour tenter de déloger le crocodile caché sous les roches mais en vain. En effet, les crocodiles d’eau douce (freshwater crocs) sont plutôt apeurés à l’approche des humains. Ce n’est pas le cas des crocodiles marins (saltwater crocs ou salties crocs) qui n’hésitent pas à attaquer surfeurs ou autres nageurs et même parfois certains petits bateaux de pêche. Il est aussi important de noter que des crocodiles marins ont été retrouvés dans les terres à plus de 200 km des côtes Nord de l’Australie.

Après ces émotions, c’est l’heure de reprendre le chemin pour aller se poser au free-camp en prévision d’une journée route le lendemain pour atteindre El Questro à l’autre bout de la Gibb River Road.
Entre le temps indiqué par Google Maps et la réalité, nous avons pu diviser par 3 l’estimation de temps de trajet… ce qui nous laisse le temps de passer voir Bindoola Falls. Un arrêt qui sert à se dégourdir les jambes mais n’offre pas de paysage exceptionnel en soit car il n’y a plus de falls à cette période de l’année. Nous sommes en “dry season” (saison sèche).

La suite… dans l’épisode 2 !

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